Rééquilibrer les fonctions hydraulique, écologique et paysagère des milieux aquatiques en faveur du lien social
Le deuxième enjeu du SAGE traite de la fonctionnalité écologique des espaces et milieux ainsi regagnés dans une optique de développer et de renforcer la multi-fonctionnalité des infrastructures hydro-écologiques dont les cours d’eau (réseau de rivières et d’ouvrages hérité des transformations historiques du réseau hydrographique et de la gestion des eaux pluviales) mais également des espaces diffus liés à l’eau (zones humides, mares, divers espaces liés au fonctionnement de l’hydrologie urbaine), en cohérence avec la stratégie. Cette multifonctionnalité est au cœur de la stratégie du SAGE : il s’agit d’augmenter l’emprise spatiale de l’eau dans un objectif à la fois écologique, hydrologique et social.
Le territoire du SAGE se caractérise par une présence discontinue, diffuse et discrète de l’eau « naturelle » malgré la présence d’un réseau complexe de cours d’eau. Près des deux tiers du linéaire des cours d’eau sont artificialisés sur le territoire, dont une partie importante est souterraine, voire intègre un réseau d’assainissement. C’est notamment le cas du ru d’Arra, de la Morée et de la Vieille Mer. Le fonctionnement hydraulique et écologique des cours d’eau est profondément altéré, engendrant des effets négatifs : augmentation de la vitesse d’écoulement, phénomènes d’érosion, dégradation de la qualité de l’eau, disparition et uniformisation des habitats naturels, interruption des continuités écologiques, déconnexion et isolement des annexes hydrauliques…


Pour les zones humides, elles sont confrontées à une forte pression foncière. Seulement 230 hectares ont été recensés au cours de l’étude d’inventaire des zones humides du SAGE menée en 2019-2021, soit 0,5 % de la surface totale du territoire, bien en deçà de la moyenne nationale (5 %). Pourtant ces milieux remplissent des fonctions écologiques, hydrologiques et paysagères essentielles. Filtrant naturellement les polluants, stockant l’eau et régulant les crues, les zones humides hébergent 35 % des espèces rares ou menacées, 50 % de l’avifaune française et 30 % de la flore spécifique. Leur régression met en péril la biodiversité locale, fragilise le cycle de l’eau et aggrave les risques d’inondation.

Les opérations de réouverture et de renaturation des cours d’eau constituent les opérations les plus emblématiques de la stratégie du SAGE. Outre un meilleur fonctionnement hydraulique et écologique, l’enjeu est de changer le regard des habitants sur les cours d’eau et sur les zones humides. Ainsi, le SAGE préconise :
- la préservation des bords des cours d’eau à ciel ouvert enterrés de tout aménagement (marge de 15 mètres de recul de toute imperméabilisation de part et d’autre du cours d’eau) afin de conserver les potentialités de restauration et de réouverture à l’avenir et pouvoir favoriser les cheminements doux ;
- étudier les possibilités de réouverture des parties couvertes ou canalisées des cours d’eau ;
- protéger les zones d’expansion de crues et les axes de ruissellement de tout aménagement ;
- développer une stratégie foncière de reconquête des milieux aquatiques et humides ;
- protéger les zones humides de toute urbanisation quelles que soient leurs tailles ;
- vérifier le caractère humide des parcelles à aménager situées sur les secteurs de probabilité de présence de zone humide ;
- intégrer les zones humides et les enveloppes de probabilité de présence des zones humides dans les documents d’urbanisme pour garantir leur prise en compte dans l’aménagement du territoire.