Redonner la place à l’eau dans l’aménagement en maîtrisant les risques
L’un des premiers enjeux du SAGE concerne la reconquête des espaces liés à l’eau et aux milieux aquatiques et humides, tels que les zones humides, les mares, les espaces de gestion des eaux pluviales, le tracé des anciens rus, les zones inondables à préserver/reconquérir, le linéaires de berges à préserver/reconquérir, etc…et leur inscription dans le territoire.
Les dynamiques urbaines et agricoles ont profondément modifié le territoire du SAGE. L’urbanisation des premières couronnes franciliennes et l’intensification de l’agriculture dans la plaine de France ont entraîné une forte réduction des espaces liés à l’eau et aux milieux humides, souvent sacrifiés au profit des aménagements.
Aujourd’hui, l’eau est peu visible sur le territoire. Les zones humides, autrefois nombreuses, sont devenues très rares et une grande partie des cours d’eau a été artificialisée ou intégrée au réseau d’assainissement. Certains rus ont totalement disparu, tandis que plus de 30 % du réseau hydrographique principal est enterré. La Morée et la Vieille Mer sont, quant à elles, entièrement souterraines sur presque tout leur parcours.


Cette présence discrète de l’eau rend les milieux aquatiques particulièrement vulnérables face à la pression urbaine. Quelques grands espaces naturels, comme le massif de Montmorency ou les grands parcs de Seine-Saint-Denis, constituent néanmoins des réservoirs de biodiversité essentiels, bien que toujours soumis aux pressions de l’urbanisation.
Enfin, si le risque d’inondation est aujourd’hui globalement maîtrisé grâce aux aménagements réalisés, certains secteurs restent sensibles. Les épisodes pluvieux exceptionnels, rappellent que le territoire demeure exposé à des risques hydrauliques majeurs et que la préservation du bon fonctionnement des cours d’eau reste un enjeu prioritaire.
La gestion des eaux pluviales est également un des leviers d’action essentiel pour répondre aux défis du territoire : lutter contre le risque d’inondation, préserver et améliorer la qualité de la ressource en eau et des milieux aquatiques et humides, s’assurer de la performance du réseau d’assainissement, lutter contre les îlots de chaleur, stocker l’eau de pluie pour la réutiliser… Dans un contexte de changement climatique, l’adoption d’une gestion durable des eaux pluviales concourt à la résilience des territoires.


Pour favoriser l’infiltration, l’évaporation et l’évapotranspiration des eaux pluviales, de nombreuses techniques alternatives peuvent être mobilisées : espaces verts de pleine terre, matériaux perméables, noues et fossés végétalisés, places inondables, parkings perméables, bassins paysagers à ciel ouvert, toitures végétalisées etc…. Ces aménagements contribuent à la fois à la gestion de l’eau, à l’amélioration du cadre de vie et au développement de la biodiversité.
Les orientations et dispositions phares du SAGE :
Renforcer la trame bleue en préservant et en gagnant des espaces pour les milieux humides et aquatiques
- Protéger les zones humides dans les documents d’urbanisme ;
- Intégrer la protection des zones humides et des milieux à caractère humides dans les projets d’aménagement et suivre leur évolution (protéger les zones humides de toute urbanisation et étudier le caractère humide des sols en cas d’enveloppe de probabilité de présence de zones humides) ;
- Préserver les potentialités de restauration des fonctionnalités des lits mineur et majeur des cours d’eau (marge de 15 mètres de recul de toute imperméabilisation de part et d’autre du cours d’eau) ;
- Inscrire et prendre en compte le tracé des anciens rus ;
- Assurer une vigilance sur le respect des grands îlots naturel du territoire du SAGE.
Intégrer les notions de gestion des eaux pluviales et du ruissellement au plus tôt dans les processus d’aménagement et d’urbanisation en veillant à la qualité paysagère des aménagements et des ouvrages, ainsi qu’à leur contribution à l’adaptation du territoire aux changements climatiques
- Prendre en compte les zones de ruissellement agricole et forestier à enjeux ;
- Traduire l’objectif de désimperméabilisation des sols dans les documents d’urbanisme ;
- Faire de chaque projet d’aménagement ou de rénovation urbaine, une opportunité de mise en œuvre des démarches de gestion intégrée des eaux pluviales à la source (infiltration des pluies courantes de 8 mm sans rejet en réseau en 24h et à ciel ouvert) ;
- Améliorer la gestion des eaux pluviales et du ruissellement sur les emprises imperméabilisées privées existantes ;
- Montrer l’exemplarité publique dans la gestion des eaux pluviales à la source, en adaptant les « techniques alternatives » mobilisées aux diverses emprises des collectivités territoriales et à leur patrimoine bâti.
Maitriser les inondations et vivre avec les crues
- Améliorer la connaissance de la vulnérabilité liée au risque « inondation » ;
- Accompagner les acteurs locaux dans la prise en compte du risque d’inondation ;
- Préserver les fonctionnalités du lit majeur des cours d’eau (dans les documents d’urbanisme).